MARION : VOLUNTEER IN CAMBODIA

Aujourd’hui nous partons à la rencontre d’une nouvelle volontaire et il s’agit de Marion, qui a suivi une formation d’infirmière et qui est partie soignée la population au Cambodge. Elle revient sur ses choix, ses souvenirs et ses émotions dans cet article !

1 – Quelle est votre formation en France ? 

Je suis étudiante de troisième année en soins infirmiers.

2 – Pourquoi avoir choisi de faire du volontariat dans ce domaine ? 

 
Lorsque j’ai décroché mon concours d’entrée à l’école d’infirmière, cela sonnait comme une évidence. Je suis une passionnée de voyages, j’aime partager et m’enrichir des modes de vie qui diffèrent de mon quotidien. Je souhaitais prendre du recul sur les pratiques de soins français, découvrir une autre approche de la relation soignant-soigné ! C’était également l’occasion d’entrer en contact au plus près de la population Cambodgienne.
 

3 – Pouvez vous nous raconter une journée « type » en tant que volontaire ? 

 
Tous les matins, je prenais le vélo pour rejoindre l’hôpital provincial de Sihanoukville, un hôpital construit en 2013 où l’offre de soins se compose d’un service d’urgence, de médecine et de chirurgie générale, d’une maternité, d’un service de pédiatrie ainsi que d’un bloc opératoire. Il n’y a pas de chambre privative, il y a six à huit patients par chambre. Les familles vivent au chevet même du malade et s’installent avec leur réchaud pour cuisiner aux pieds des lits. De jour comme de nuit cela fait beaucoup de monde dans une même pièce !
 
Chaque matin à 6h30 dans le service de maternité, on donnait le bain des nouveaux-nés, plusieurs accouchements étaient réalisés dans la même et unique salle de soins. Seules les femmes étaient acceptées, les futurs pères et la famille devaient patienter à l’extérieur, ils sont garants de la reconnaissance du sexe du bébé. Bien loin du confort, chaque future mère devait ramener les linges servant à la délivrance ainsi que le nécessaire pour le futur bébé. Le climat de réassurance que nous pouvons vivre en France était quasi inexistant et il n’y avait pas de prise en charge de la douleur.
 
Dans le service de chirurgie, venait ensuite la réfection des pansements avec une infirmière référente.
Nous trouvions des plaies causées par des morsures de serpent, des brûlures causées par des explosifs ou des produits chimiques au sein des décharges où certains travaillent et où d’autres tentent de trouver de quoi vivre (nourriture, matériaux destinés à la revente), des fractures et des plaies dues à des accidents de la voie publique par exemple. Pas facile de communiquer, avec un peu de chance les anciens parlent français, les plus jeune anglais. Le plus souvent on échangeait grâce aux mimes et aux gestes ce qui a marqué de nombreux fous rires.
 
Aux urgences, il nous est arrivé de découvrir que certains corps n’ayant pu être « sauvés » étaient laissés sur des brancards dans le couloir de la salle d’attente à la vue de certains enfants et de leur famille sans être recouverts d’un drap. Le rapport à la mort est ancré dans la culture majoritairement Bouddhiste, bien loin de mon cadre de référence et au delà du choc il a fallu s’adapter et respecter leurs pratiques. Cela faisait partie de ce que j’étais inconsciemment venue chercher au Cambodge.
 
L’après-midi je me rendais dans un ancien bâtiment de l’hôpital où étaient placés les patients en fin de vie, au milieu de matériaux vétustes (par exemple ils étaient placés sur d’anciens lits en bois à même les lattes). Mis à l’écart, nous avons décidé, en groupe, de réhabiliter les lieux comme on le pouvait, en nettoyant les lieux, en leur apportant des matelas et des draps, des temps de soin d’hygiène et de confort afin de leur apporter un soupçon de bien être.

4 – Comment avez vous choisi cette destination ? 

 
Le Cambodge était l’une des destinations proposées par une association locale. Je l’ai choisi parce que je n’y étais jamais allée, pour son histoire commune avec la France et la francophonie. Je souhaitais également en profiter pour découvrir la riche variété de paysages qu’offrent les différentes régions et je suis restée sous le charme, l’histoire des Khmers rouges, qui marque encore la population à ce jour et les majestueux temples d’Angkor !
 

5 – Si c’était à refaire, est-ce que vous feriez exactement pareil ? Qu’auriez-vous aimé changer ? 

 
Oui, malgré les difficultés rencontrées dans la communication !
J’aurais sans doute choisi de suivre une préparation en amont du départ, pour palier certains chocs culturels dans le contexte du soin ! Je resterais sur une plus longue période car les six semaines sont passées incroyablement vite ! Avec le recul je pense également que le fait de ne  pas avoir été préparée à proprement parlé m’a permis de vivre des instants de pureté et de vérité c’est aussi ce qui constitue de très beaux souvenirs ! J’espère rapidement pouvoir y retourner !
 

6 – Si vous deviez raconter un moment particulier dans cette aventure, quel serait-il ? 

 
Lorsque je me suis occupée d’une femme en fin de vie dans le bâtiment à l’écart de l’hôpital. Elle m’a laissée l’approcher, lui laver les cheveux et la masser. Alors que nous ne parlions pas la même langue, mais grâce à l’échange de simples sourires, au touché on s’est apprivoisé l’une et l’autre, c’est un moment qui reste gravé dans ma mémoire.
 

En un mot… 

 
Pour vous voyager c’est : S’enrichir
 
Une qualité indispensable pour voyager : S’adapter en toute circonstance
 
Un défaut qui persiste : Persister à croire que je peux me sortir de n’importe quelle situation grâce à mes talents de mime !
Un souvenir pour la vie : J’ai participer à l’accouchement d’un petit garçon guidé par la sage-femme ! Un pur bonheur !

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